Les Nouvelles de Kigali à Bruxelles

Qui accuse le Pasteur Nsanzurwimo ?

Des génocidaires "recyclés" et un rescapé !

jeudi 18 septembre 2008

Les génocidaires rwandais sont-ils parmi nous ?

Nous avons pu recueillir certains témoignages de personnes - qui nous ont contactés spontanément - qui le disculpent et qui expliquent pourquoi, selon eux, il est ciblé aujourd’hui mais re-visionnons d’abord le reportage de "Questions à La Une" de la RTBF daté du 3 septembre pour donner la parole à ceux qui l’accusent (10’50" à 17’05"). Un génocidaire condamné et un rescapé du génocide.

En ce qui concerne le premier, vous trouverez dans les réactions à nos articles ci-dessous des appréciations de sa crédibilité mais aussi dans un article de l’Agence Hirondelle. Accablant !

Tous ses co-accusés, des détenus comme lui, sont venus l’accabler. En plus des crimes dont il est formellement inculpé, tous l’accusent d’avoir créé « un réseau de corruption et d’intimidation, un échafaudage de fausses accusations pour incriminer des boucs émissaires, que nous acquittons pour la plupart », confie un juge gacaca à l’agence Hirondelle, en marge des débats.

Il déclare que Nsanzurwimo aurait distribué des armes avec un colonel Hakizimana. Si c’est le détenu Célestin Hakizimana qui est interviewé dans le reportage, d’après un major des anciennes Forces armées rwandaises à Bruxelles, il n’a jamais été officier supérieur des ex-FAR (les listes complètes sont disponibles).

En ce qui concerne la seconde personne, nous nous intéresserons d’abord au contenu de son intervention : le pasteur Joseph Nsanzurwimo aurait collaboré avec les autorités, le préfet de Cyangugu notamment, "dont on connaît le rôle dans le génocide des Tutsis au Rwanda". Le nom de ce préfet de Cyangugu pendant le génocide a été occulté mais il s’agit d’Emmanuel Bagambiki qui a été acquitté par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha et libéré après plusieurs années de détention. Il vit actuellement auprès de sa famille, en Belgique après que les autorités belges aient finalement accepté de l’accueillir. Ce second témoin pourra le rencontrer puisqu’il réside parfois dans le Royaume de Belgique.

"M. Nsanzurwimo n’a sauvé aucun Tutsi ou un ou deux comme d’autres grands tueurs ?!" Un Tutsi qui est prêt à témoigner pour lui nous a dit qu’il en aurait sauvé plus d’une centaine... dont son propre cousin !

Ce témoin avait un témoignage accablant contre M. Nsanzurwimo est il a fallu que la caméra de la RTBF se présente pour qu’il se livre !? La journaliste qui a mené cette enquête sait-elle ou a-t-elle su que parmi les accusateurs de "Camarade", il y avait un ancien diplomate posté à Bruxelles jusqu’en 2005 et dont le travail consistait aussi à s’informer sur ces présumés génocidaires. Pourquoi avoir attendu de quitter Bruxelles pour transmettre cette information (vague puisqu’elle n’est basée que sur le surnom que cette personne porte depuis fort longtemps).

Pourquoi accuser Nsanzurwimo ? Nous avons retrouvé des extraits d’articles de presse qui vont dans le sens de l’explication d’un de nos témoins à décharge : l’argent et le pouvoir ! L’argent et le pouvoir qui en découle ! Le pouvoir et l’argent qu’il procure. C’est encore valable aujourd’hui à Bruxelles où Nsanzurwimo prêche dans une salle bondée d’une ancienne brasserie de Molenbeek.

NKB 12/09/2008

1ère partie

2e partie

À partir de 4’06"

Bagarres entre les membres de l’Eglise de Pentecôte Richard Rwagitare, Imvaho Nshya n° 1109, 25 - 31 décembre 1995, pages 2 et 4

Ethnisme, dictature et absence de dialogue au sein de l’ADEPR Pay-Pay Pius Gatambiye, Imvaho Nshya n° 1109, 25 - 31 décembre 1995, page 2

1ère partie

2e partie


Où est IBUKA M & J ?

Les rescapés du génocide des Tutsis du Rwanda sont représentés en Belgique IBUKA Mémoire et Justice qui existe depuis le 16 août 1994. c’est en fait la première des Ibuka puisque même l’Ibuka du Rwanda n’a vu le jour que le 14 novembre 1995.

Les représentants des rescapés du génocide au Rwanda et rescapés eux-mêmes sont certainement les personnes qui sont les plus indiquées pour défendre les intérêts des survivants du génocide des Tutsis rwandais.

On se serait donc attendu que des représentants d’Ibuka ou des membres de cette association qui a pignons sur rue s’exprime sur les difficultés que rencontrent ses membres et les rescapés du génocide des Tutsis en Belgique du fait de la présence de certains de leurs anciens bourreaux. 

Les témoins interviewés pour le reportage de la RTBF "Les génocidaires rwandais sont-ils parmi nous ?" ont évoqués des agressions verbales régulières qu’ils subissent en public lorsqu’ils rencontrent leurs tourmenteurs d’antan.

Que les dirigeants d’Ibuka - Mémoire et Justice aient ou non été contactés pour donner un point de vue, qu’ils aient ou non voulu s’impliquer ouvertement dans ce reportage, leur absence est un autre point faible de celui-ci.

Auraient-ils dit autre chose, se seraient-ils exprimés autrement que les individualités qui se sont exprimées ? Très certainement car ils ne l’auraient pas fait anonymement en prétextant des risques de représailles - ils dénoncent publiquement et depuis fort longtemps la présence de suspects du génocide sur le sol belge et la diffusion de la propagande qui nie ou relativise le génocide - et ils auraient fourni des détails quant aux agressions verbales que subissent leurs membres ou plus généralement les rescapés du génocide des Tutsis vivant en Belgique, de la part des présumés génocidaires et éventuellement des autres Rwandais.

Historique

NKB 08/09/2008

Notre dossier IBUKA*

*Souviens-toi !

 

Les Habyarimana et "les génocidaires parmi nous"

Le reportage sur les Rwandais suspects de génocide vivant en Belgique a repris des images de la famille de feu Juvénal Habyarimana en compagnie de M. Séraphin Rwabukumba - un des quatre Rwandais présumés génocidaires par le reportage - cousin de Mme Agathe Kanziga-Habyarimana. Ni la sœur ni le frère...

Le commentaire du journaliste qui présentait cette séquence (le lien à l’extrait du journal parlé est ci-dessous) a été "on voit la panique dans le regard". Ce qu’il ne savait sans doute pas ou plus, c’est que ces images dataient de 14 ans.

La panique qu’il décelait n’était bien évidemment pas dûe au reportage mais très certainement au départ précipité à l’étranger de toute la famille présidentielle suite à l’assassinat de son chef et à la reprise généralisée des hostilités entre l’Armée patriotique rwandaise (APR) et les Forces armées rwandaise (FAR).

NKB 05/09/2008

 


 

Revoilà Valérie Bemeriki de la RTLM !

La journaliste Marianne Klaric de la RTBF a trouvé quatre présumés génocidaires rwandais en Belgique, dans la région bruxelloise. Un exécutant (dont on ne connait que le surnom très répandu au Rwanda, au Burundi et au-delà !), un pasteur de l’église pentecôtiste au Rwanda (qui aurait collaboré dans le génocide avec un ancien préfet de Cyangugu blanchit par Arusha), un ancien ministre du régime déchu et fils du président provisoire de la transition entre la fin de la tutelle et l’indépendance (qui avait une "barrière" près de chez lui, barrières que l’on pouvait aussi trouver devant des habitations de victimes du génocide) et un ancien cadre de la Banque nationale du Rwanda (BNR) reconverti dans les affaires et proche de la famille de feu le Président Habyarimana (qui attend toujours les preuves contre lui).

Ils seraient toujours en liberté faute de preuves parce qu’il n’y a soit pas de dossier contre eux soit que les personnes qui témoigneraient à charge ont peur de représailles...

Elles n’ont pas eu peur de participer à l’émission et dans des dossier établi contre les membres de ce quatuor leurs noms et leurs photos n’apparaîtraient pas nécessairement.

Dans les cafés rwandais de Bruxelles, l’émission a été suivie avec grande attention sur les postes de télévision allumés d’habitude pour les grands matchs de foot internationaux.

Les réactions étaient double . A voix haute : "Mon Dieu, c’est terrible qu’est ce qui va nous arriver", à voix basse : "Tu as vu ! Ils n’ont pas parlé de tel et de tel !" ou "Chacun est reponsable individuellement de ses actes".

Un reproche sur le choix de certains "témoins" : des agents du régime de Kigali et des détenus vedettes condamnés pour génocide (Valérie Bemeriki, présentatrice de la RTLM, toujours elle !). Si les "témoins" potentiels en Belgique "ont peur" que dire de l’état d’esprit des Rwandais au Rwanda et surtout des locataires de la prison "1930" !

Notre question toujours à La Une : les criminels de guerre et de paix rwandais sont-ils parmi nous ?

NKB 04/09/2008

 


 

La question du jour qui nous était posée mercredi soir le 03 septembre 2008 par la Radio télévision belge francophone (RTBF) était "Les génocidaires sont-ils parmi nous ?" Présentation du journal parlé

1ère partie

2e partie

 


 

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Y a-t-il un génocidaire dans la salle ? 

Le reportage que la RTBF a consacré aux présumés génocidaires rwandais vivant en Belgique est attendu comme un match de finale de coupe du monde dans la communauté rwandaise de Belgique. Des centaines et très probablement milliers de rwandais - belges d’origine rwandaise et rwandais-rwandais - s’apprêtent à suivre l’émission Questions à la Une qui a choisi de se plonger dans nos histoires.

 

Contrairement à un match de football : les équipes qui vont s’affronter ce soir ne sont pas connues. Va-t-il opposer des génocidaires Hutus à des criminels de guerre Tutsis ? Va-t-on assister à un débat sur la réconciliation entre victimes Hutus et Tutsis et leurs bourreaux communs, les génocidaires Interahamwe ? Les criminels de guerre Tutsis seront-ils de la partie ?

 

Qui seront les juge arbitre ? Des personnalités neutres et indépendantes et surtout honnêtes qui connaissent bien le dossier rwandais ou des parties prenantes intéressées au conflit rwando-rwandais ?

 

Qui est sur le terrain ? Qui est dans les gradins ? Qui sont les rescapés qui vont s’exprimer ce soir ? Sont-ce uniquement des rescapés du génocide des Tutsis au Rwanda ? Parlent-ils au nom de tous les rescapés ? Les Tutsis rwandais sont-ils les seuls à pouvoir s’exprimer sur la présence de présumés génocidaires rwandais sur le sol belge ?

 

Lors que nous avons rencontré la journaliste qui a mené l’enquête qui nous vaut ce match au sommet, c’était à l’occasion d’une manifestation de Rwandais opposés au régime de Kigali. Il y avait essentiellement des Hutu mais aussi quelques Tutsis. La journaliste n’allait bien entendu pas nous dire qu’elle recherchait des génocidaires. Son reportage nous a-t-elle dit alors était consacré à la réconciliation entre les Rwandais. 

 

Dans la bande-annonce du reportage certains témoins rescapés du génocide des Tutsi se plaignent d’être harcelés par leurs anciens bourreaux ici même en Belgique. Si la journaliste avait poussé un peu plus ses recherches elle aurait rencontré des taximen Tutsis – rescapés du génocide - et des Hutus travaillant côté à côte dans les rues de Bruxelles. Elle aurait pu voir des Tutsis et des Hutu assis à la même table ou les uns à proximité des autres dans plusieurs cafés rwandais de Bruxelles. Elle aurait même pu assister à un mariage dit mixte en Belgique entre un Hutu et une Tutsi !

 

Même sans avoir vu le match et sa fin nous pouvons d’ores et déjà dire que si réconciliation il devait y avoir au Rwanda ce ne serait pas entre les victimes et les bourreaux ni entre les extrémistes des deux camps. Cette réconciliation n’est pas entreprise et ne sera pas réalisée par le régime de Kigali qui est juge et partie au conflit. Cette réconciliation est vécue au jour le jour dans la vie quotidienne en Belgique et ailleurs entre Hutus et Tutsis de bonne volonté et de bonne foi et qui n’ont rien ou très peu à se reprocher en terme de participation au génocide, aux crimes de guerre et aux actes de vengeances contre des innocents.

 

Des génocidaires présumés en Belgique ? Bien sûr qu’il y en a ! A commencer par le chef milicien des Interahamwe du MRND Ephrem Nkezabera dont le procès débutera bientôt, ici même.

 

NKB 03/09/2009

 


 

Pour le parti politique les FDU, il s’agit ni plus ni moins et a priori du lynchage médiatique de toute une communauté et elles proposent à la direction de la RTBF d’organiser un débat contradictoire pour éclairer (l’écran de) ses téléspectateurs [et de ses journalistes, par la même occasion].

02/09/2008

La lettre de l’ASBL AVICA au Directeur général du Conseil supérieur de l’audiovisuel et à l’Administrateur délégué de la RTBF

 


Le Vif : Des tueurs parmi nous
RTBF : Les génocidaires parmi nous

L’émission télévisée hebdomadaire de la Radio télévision belge francophone (RTBF) Questions à la une a programmé pour le mercredi 3 septembre, un reportage consacré aux Rwandais vivant en Belgique et suspectés d’avoir pris part au génocide des Tutsis du Rwanda.

Nous avions rencontré par hasard l’équipe de reportage de la RTBF à la fin du mois de juin à Bruxelles lorsqu’elle "couvrait" une manifestation de Rwandais exilés. Elle avait pu filmer et interviewer à volonté ses participants. Qu’en a-t-elle fait  ? Nous le verrons mercredi soir mais nous en avons déjà un avant-goût grâce à une annonce où s’exprime des personnalités bien connues...

Mme Klaric (prononcé Klaritch en "serbo-croate") et son équipe de reportage lors d’une manifestation à Bruxelles, le 28 juin 2008 (Photos et article NKB, cliquez).

 

Ce n’est pas la première fois que des journalistes belges s’intéressent à la présence sur le sol belge de présumés génocidaires rwandais et à d’éventuelles tensions entre Bahutus et Batutsis.

 

Au mois d’avril dernier - la période de la commémoration du génocide au Rwanda où la tension monte sensiblement - des rumeurs de harcèlement de Tutsis par des Hutus avaient été reprises par Le Soir - un des deux plus importants quotidiens francophone de la capitale belge - notamment . Elles ont été disqualifiées par certains (D. Mushayidi notamment) et d’autres qui pensaient qu’il s’agissait d’une campagne contre les Hutus, avaient envisagé d’entamer des poursuites judiciaires.

Nous avons aujourd’hui, affaire avec ce reportage à un titre plus sensationnel que celui du Vif l’Express de l’an dernier. Les génocidaires parmi nous au lieu Des tueurs parmi nous. Si notre mémoire est bonne, cet article du journaliste François Jane d’Othée avait coïncidé avec le procès du major Bernard Ntuyahaga (et Le procès du FPR écrit par Serge Desouter).

Il y avait eu l’an dernier des réactions de la part de personnes mises en cause nommément par M. Jane d’Othée. Nous allons les rechercher puisqu’il est fort probable qu’elles soient de nouveau évoquées étant donné que les sources sont vraisemblablement les mêmes. Suivez mon regard...

NKB 01/09/2008

La Lettre de Shingiro au Journal "Le Vif/L’express"

 


 

Les génocidaires rwandais sont-ils parmi nous ?

de Marianne Klaric


Radio télévision belge francophone, première chaîne (RTBF1), 3 septembre 2008, Questions à la Une

Ça va chauffer !

 


 

Notre dossier

Beaucoup d’Interahamwe en Belgique ?

 

Machettes rwandaises à Bruxelles ?

Cafés rwandais à Bruxelles : ségrégation ethnique ?

Hutu - Tutsi : c’est la guerre à Bruxelles ?

 

 


 


 



Documents joints

2 septembre 2008
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